[Cinéma] Le film de la semaine #10

Publié le par Yuuki

Le film de la semaine

Pour cette nouvelle semaine, parlons jardinage et palmiers en Guinée avec ce film espagnol. Mais trêve de bavardage, place au film de cette semaine, nous parlerons donc de....

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Palmiers dans la neige

Année : 2015 - Pays : Espagne - Durée : 165mn - Réalisation : Fernando González Molina  - Scénario : Sergio G. Sánchez - Casting : Mario Casas, Adriana Ugarte, Macarena García, Alain Hernández, Berta Vázquez

 

~ Bande annonce ~
~ Disponibilité : DVD et Netflix ~

1954, Killian quitte son petit coin d'Espagne enneigé pour rejoindre son père et son frère et travailler dans une exploitation de caco dans une colonie espagnole. Il y trouvera l'amour, découvrira un monde nouveau et la fragilité du statut supérieur des colons.
De nombreuses années plus tard, en Espagne, alors qu'on vient d'enterrer son frère, Kilian sombre dans la démence, Clarence sa nièce se lance dans un travail de recherche pour découvrir les secrets de sa famille, enfouis loin de l'Espagne dans un pays qui veut oublier ses blessures...

Voilà voilà, après Le phare aux Orques, j'ai plongé dans cette saga romantico-historique espagnole de 2h45 non sans quelques hésitations. Peu habituée ni au genre "sortez les mouchoirs" ni aux films longs, c'était pas gagné d'avance. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, je ne ferai pas un article fleuve sur ce film parce que... et bien parce que. Déjà pour ne pas spoiler pas mal de trucs, et puis parce que je ne sais pas trop bien quoi en dire de détaillé à part "regardez-le si vous avez 3h devant vous" et "j'ai beaucoup aimé, je n'ai pas vu le temps passer". J'ai bien tenté d'en faire une review un peu plus longue, mais quand ça veut pas, ça veut pas. Mais je n'avais pas non plus envie de ne pas vous en parler ^^

Le film nous conte donc une quête familliale qui paraît bien en deça de la partie "historique" tant dans sa réalisation que dans son écriture et en devient très secondaire. Elle est néanmoins necessaire pour faire le lien entre le passé et le présent, entre le début et la fin du film, mais elle semble bien moins naturelle que la partie du passé... C'est un peu dommage mais heureusement l'essentiel du film se déroule dans le passé...

Dans ce passé, sur l'ile de Bioko, on assiste à la dégradation des relations entre colons et indigènes, à une époque qui finira par aboutir à l'indépendance de la Guinée. Pourtant l'image classique du colon riche à millions, utilisant sans vergogne les hommes et les terres étrangères n'est pas pas vraiment exploitée à fond. En effet, le film présente aussi des colons exilés, loin de leur famille qui ne sont que de simples employés et ne roulent donc carrément pas sur l'or. Nous somme donc en présence de gens que nous ne pouvons pas vraiment trouver mauvais, malgré le contexte, ce qui est assez malin. Alors mea-culpa raté ou coup de maitre pour rendre les personnages attachants ? Je me suis posé la question et rapidement j'en ai conclu que peu importe, le vrai sens du film n'est pas de parler de (dé)colonisation mais bel et bien de raconter une histoire d'amour, l'environnement politique et social étant à l'origine de cet amour et l'élément qui le déchirera...

Sur le plan sentimental d'ailleurs le film est très efficace, sentiments entre Killian et une jolie indigène, entre Killian et son père aussi. Ce père qui se compare un peu aux tortues de mer, espèce dont les mâles naissent sur la plage et disparaissent dans la mer à tout jamais. Il a lui aussi quitté sa terre, l'Espagne et comme une tortue mâle, n'a aucune intention d'y retrouner tant il s'est attaché aux coutumes et aux locaux. Killian, un peu perdu à l'arrivée, tendra à suivre l'exemple d'integration de son père plus que celui très dominateur de son frère. On le verra évoluer, grandir, se forger ses opinions face aux exemples qui l'entourent. Il se liera à Bisila, une très jolie femme à une époque où les histoire d'amour entre blanc et noirs étaient interdites ce qui pimentera le film. 

Coté réalisation, le film est très beau, s'appuyant beaucoup sur la faune et la flore locale et les plans de paysage magnifique, cascade tropicales et plage de rêve... Mais la plantation n'est pas en reste et la qualité des décors rend le film vraiment très agréable à regarder, l'histoire s'étirant sur plusieurs années et plusieurs heures, il n'est absolument pas ennuyeux. On a le coté naturel et joyeux des indigènes, leur culture qui tente de resister malgré tout et le coté rigide des dîners huppés des colons et au milieu, quelques hommes et femmes qui tentent de s'adapter aux deux...

 

En bref : Une saga captivante en pleine instabilité politique et amoureuse, l'histoire de bien plus qu'une vie. Une quête qui rassemblera les morceaux d'histoire d'une famille eclatée... J'ai beaucoup aimé suivre ce film et je n'ai pas vu le temps passer, et si vous vous laissez tenter, j'espère que vous non plus.

 

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