[Cinéma] Le film de la semaine #18

Publié le par Yuuki

Le film de la semaine

Pour cette nouvelle semaine, partons méditer dans un temple bouddiste en Thaïlande, au calme. Ou pas, mais trêve de bavardage, place au film de cette semaine, nous parlerons donc de....

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Meutres et méditation

Année : 2011 - Pays : Thaïlande - Durée : 90mn - Réalisation :  Tom Waller - Scénario : Vithaya Pansringarm, Tom Waller - Casting : Vithaya Pansringarm, Apichart Chusakul, Prinya Intachai, Sunon Wachirawarakarn, Pakapong Sangkasi

Meurtre et Méditation est une adaptation du roman du même titre de Nick Wilgus

~ Bande annonce ~
~ Disonibilité :  Netflix ~

Dans un temple bouddiste aux apparences calmes et tranquilles, le corps mutilé d'un jeune homme est retrouvé. Un moine, ancien flic, mène alors l'enquête parmis ses pairs et ce qu'il découvre va vous surprendre.

Alors pourquoi ce film ? Parce qu'il ne dure que 90mn et c'est vraiment le seul critère qui me l'a fait choisir à ce moment là. Je me doutais bien vu le titre qu'on n'allait pas parler tricot (ou alors pour planter les aiguilles dans le crâne des gens) et le mélange Bouddha et meurtre me semblait pour le moins improbable. Donc curiosité quand même !

Dans l'ensemble, c'est une enquête policière des plus classiques mais le contexte l'est moins et c'est une occasion de découvrir à la fois les rites et coutumes de ces hommes au dessus de tout soupçon et le coté sombre que peut cacher tout cela.

Et d'emblée on est mis dans l'ambiance, le cadavre est là. La police arrivée sur place constate que c'est un meurtre. Le malheureux ayant eu entre autres, les yeux arrachés, il était difficile d'avancer une autre théorie pour le décès. Mais, comme c'est un gamin orphelin, à problèmes, et que la police est débordée, ils expliquent aux moines que ben... ils n'ont pas le temps. Et c'est ainsi que le Père Ananda se met au travail, car toute vie est importante et il est bien décidé à mettre à jour la vérité.

Très vite il soupçonne que le meurtrier est un moine et cela chamboule un peu tout. En effet le concept de moine bouddiste est très important en Thaïlande et les soupçonner de meurtre est visiblement choquant pour tout le monde. Même le Père Ananda est plus ou moins incrédule au départ... On sent bien chez ce moine, malgré son habit orange, les vieux reflexes de l'ancien flic qu'il combine avec des plages de méditation pendant lesquelles il assemble les indices récoltés. Au fur et à mesure nous découvrons aussi les rituels et le fonctionnement du temple, de la beauté des statues dorées au coté très administratif des dossiers personnels des moines, en passant par les prières et le rituel de crémation. Le temple bénéficie d'un mécénat pour reccueillir et sortir des orphelins de la rue, ce qui ne surprend pas plus que ça, mais on apprend aussi que les moines ont manifestement le droit de fumer, d'être tatoués (et pas que des prières non violentes hein). Et plus surprenant encore que se déguiser en moine quand on ne l'est pas est illégal, même pour des policiers qui souhaiteraient infiltrer le temple sous couverture.

Le Père Ananda sera accompagné dans son enquête par Jak, un petit orphelin exclu par les autres car il est éclopé. Il semble avoir une grande admiration pour le Père Ananda qu'il s'amuse à appeler "papa" au lieu de "Père". Ce petit jeu taquin est assez mignon et Jak aura son importance dans le film, mais au départ il se contente simplement de suivre partout le moine. Et ce duo peu équilibré fonctionne, les barrières que le Père Ananda s'était fixé vis a vis de Jak s'effritant aussi vite que le voile sombre couvrant le meurtre se soulève.

L'enquête finalement n'est pas complexe, l'interêt du film est que dans cette histoire, elle ne peut être menée de manière classique. D'abord parce que le personnage central choisi pour enqueter a certes été policier, mais ne l'est plus. Il n'a donc absolument aucune autorité pour rien du tout et les pistes et indices qu'il récolte, il ne les doit qu'à la coopération volontaire des autres. Il doit donc bien choisir à qui il demande quoi. La deuxième raison est que vu le statut des suspects, des moines donc, il ne peut pas organiser d'interrogatoires ou de garde à vue, rien qui fasse des vagues tant qu'il n'a pas de preuve concrète. Et tout ça donne une enquête sur le fond ordinaire qui en devient très originale. Dans un espace réduit à quelques endroits du temple, le film ne s'éparpille pas géographiquement, ce qui donne une ambiance plus confinée propice à une intrigue criminelle. Les quelques sorties du Père Ananda pour aller au poste de police seront les seules escapades hors du temple, seules occasion pour le public d'apercevoir l'exterieur du temple.

 

En bref, je trouve que le film est assez réussi et joue sur le fait que des évènements pas clairs se déroulent dans un lieu supposé irréprochable. Cependant, les personnages sont dépeints avec subtilité et ce n'est pas un film "à charge" et il n'y a pas de jugement ni mépris. Ce sont des moines et ce sont des hommes aussi. Et le film joue un peu avec son spectateur, en baladant le Père Ananda d'indice en indice, de découverte en découverte en ne laissant filtrer la vérité qu'à la toute fin.

 

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