[Cinéma] Le film de la semaine #22

Publié le par Yuuki

Le film de la semaine

Pour cette nouvelle semaine, partons au Brésil en 1983 parler d'un Noël pas comme les autres... Mais trêve de bavardage, place au film de cette semaine, nous parlerons donc de ...

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Jules & Dolores
( O Roubo da Taça )

 

Année : 2016 - Pays : Brésil - Durée : 90 mn- Réalisation : Caito Ortiz - scénario : Caito Ortiz, Lusa Silvestre - Casting : Paulo Tiefenthaler, Taís Araújo, Danilo Grangheia, Milhem Cortaz, Fabio Marcoff

~ Bande annonce VO ~

1983, un peu plus de 10 ans après le mondial de foot remporté par le Brésil qui signe sa troisième victoire, le trophée Jules Rimet fut mystérieusement volé au siège de la fédération brésillienne de football. Une disparition et un mystère historiques enfin expliqués !!
Et ce qui s'est réellement passé va vous surprendre.

ET ALORS, ON EN PENSE QUOI ?

Alors pour commencer, que faisait le trophée à la fédération brésillienne dix ans après leur victoire, et surtout après la victoire de l'Allemagne en 74 et celle de l'Italie en 82 ? Il ne devrait pas être en Italie du coup ? Et bien non, mais c'est une bonne question. Remontons brièvement à l'origine de ce trophée, nommé "Trophée Jules Rimet" en hommage non pas à son créateur, un sculpteur français, mais à Jules Rimet, le fondateur de la compétition alors président de la Fédération Internationale de Football Associations (appellée plus couramment FIFA). Alors très différent visuellement de la "coupe du monde" actuelle, ce trophée était selon les règles, réellement donné aux pays qui gagnaient le tournois et qui en avaient donc la charge jusqu'au tournois suivant. Le pays qui gagnerait trois fois la finale se verrait alors offrir le trophée à vie, ce qui arriva au Brésil en 1970. C'est ce trophée qui disparu, traumatisant tout un pays, voire le monde entier, et ne réapparu JAMAIS !!!

Coupe Jules Rimet, avec sa base d'origine | ©FIFA Museum

Le film se concentre donc sur les quelques jours de décembre 1983, lorsque ce trophée, symbole de victoire pour tout un pays fut volé, et respecte les éléments connus de l'histoire. En brodant une comédie sur ces faits réels, le film part sur une base solide et crédible niveau scénario mais cela ne laisse pas énormément de place aux débordements. Et c'est là tout le défi des créateurs du film, en faire une oeuvre originale et attrayante tout en suivant la réalité des faits.

Nous suivons donc Peralta, un type qui aime l'argent et le jeu mais qui ne collectionne finalement ni les billets ni les trophées mais les dettes. Pressé par les menaces de son créancier, il décide de voler la coupe du monde avec un compagnon barbu. Mais les deux hommes sont idiots et n'ont pas une seconde pensé qu'au Brésil, pays ou le foot est roi, personne n'achèterait ce trophée volé, ni n'accepterait de la fondre, la détruire ou l'abîmer... Si le vol est relativement aisé, comme dans l'histoire ils enlèvent quelques clous, la suite est plus complexe. Mais Peralta est tout d'abord complètemet exhalté pensant avoir commis le crime parfait et atteindre enfin la richesse.

La scène où il craque, chantant à la gloire de son pays, où il danse en slip dans sa cuisine avant de boire un chocolat au lait dans la coupe m'a bien fait rire. Il y a autour de ce trophée comme une aura divine et le fait de le tenir dans ses mains partage un peu cette aura. Dans sa tête hein, parce que nous ne voyons tous qu'un type danser en slip... Peralta a une femme, Dolores, une chouette femme qui commence par le soutenir en râlant un peu lorsqu'elle découvre le trophée chez elle. Puis s'avère fine négociatrice quand il va s'agir de se mettre d'accord sur un prix avec un acheteur qu'ils ont dû aller chercher en Argentine. Dolores semble être une femme de caractère et maline. Curieusement c'est elle la narratrice de l'histoire, alors que la majorité des faits lui sont inconnus dans la mesure où Peralta les lui a cachés. C'est surprenant quand on y réfléchi, mais j'avoue qu'avant d'écrire l'article, ça ne m'avait pas dérangée du tout. ^^ J'ai suivi l'histoire de Peralta et du trophée, je me suis identifiée à fond quand il a décidé de boire son chocolat au lait dedans, et j'ai complètement oublié ce détail...

Le film joue très bien sur ce que représente le trophée, c'est même un film plein d'auto-dérision... Il faut dire que comme dans la réalité le trophée n'était pas difficile à voler, derrière une vitre pare balles certes, mais dans un armoire dont le fond est tenu par quelques clous seulement... La fédération est un peu tournée en ridicule, et tente le tout pour le tout en offrant une grosse récompense à quiconque rapportera le trophée. La police est également dépêchée pour le rechercher. Avec un flic qui me faisait penser au commissaire Biales de La cité de la Peur !! Je ne saurais vous dire pourquoi, sans doute un coté physique. Toujours est-il que la police s'embourbe un peu au départ en accusant le pauvre vigile de la fédération. Nous découvrons alors toute l'étendue du pouvoir et de l'équipement de la police brésillienne en 1983, c'est encore une fois une comédie pleine d'auto dérision !! Les scènes dans le commissariat m'ont vraiment fait rire, à l'image du policier qui démontre l'inéfficacité du détecteur de mensonges dans une démonstration complètement idiote sous les yeux éffarés du pauvre vigile de la fédération...

Bref, très vite on sent que la police ne va pas être ultra efficace sur le coup. C'est vrai que pour suivre la véritable histoire du trophée, il faut ne pas le retrouver. Alors vous allez me dire niveau suspence c'est moyen, et bien oui. Ceci-dit le film, qui suit également très correctement le dénouement de cette histoire au sujet du trophée n'a pas dévoilé toutes ses suprises, que je vous laisse donc découvrir vous-même.

En bref, c'est une comédie assez sympathique, sans grandes ambitions mais qui fonctionne bien. Les personnages sont juste assez ridicules pour qu'on ne s'apitoye pas trop sur leur sort et l'intrigue respecte les détails historiques connus. Tourner cet évènement en comédie au cinéma c'était une idée amusante et je pense assez réussie. Les personnages sont décalés et paumés comme il faut, et l'intrigue est bien pensée. On pourra regretter, en tant qu'étrangers, le peu de scènes en extérieur et l'absence de symboles architecturaux qui font le Brésil à nos yeux, mais cela serait se détourner du film et briser son ambiance. Le vrai film n'est pas un clip promotionel pour les plages ensoleillées du Brésil mais bel et bien l'histoire mythique et tragique à la fois du trophée Jules Rimet et d'un mec en slip.

 

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